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FORCE-OUVRIERE
Pôle
Emploi
POITOU CHARENTES
La réunion dite de «sommet social» du 18 février n’a pas répondu aux attentes et revendications.
La seule annonce qui corresponde à une demande que nous avions formulée est celle sur l’amélioration du niveau d’indemnisation du chômage partiel, sous réserve que dans la branche où l’entreprise
se situe, cela soit accepté!
Pour le reste, les annonces de caractère fiscal ou relevant des allocations familiales sont loin de concerner tout le monde.
Quant à l’annonce d’un fonds d’investissement social, la bouteille comprend une étiquette sans contenu.
Le gouvernement annonce d’ailleurs pompeusement au total 2,6 milliards d’euros, ce qui est loin de correspondre à ce qui est mis sur la table pour les banques et les assurances. Tout cela n’est
finalement qu’un ersatz de soutien à la consommation, qui n’aura pas d’effets sur l’activité économique et l’emploi, et n’est pas de nature à redonner espoir et faire respecter les salariés
actifs, retraités et chômeurs, qui constituent la grande majorité de la population.
Le gouvernement dit vouloir, au nom de la «justice», s’intéresser à celles et ceux directement victimes de la crise. Pour autant, il n’a toujours pas voulu rétablir l’Allocation équivalent
retraite, ni mettre en place une allocation d’indemnisation pour les jeunes de moins de 25 ans inscrits à Pôle Emploi.
Ce 18 février, les tensions étaient présentes. Dans l’immédiat, sur les revendications clés, c’est une fin de non-recevoir. C’est notamment le cas pour tout ce qui relève des salaires, dans le
public comme dans le privé, où nous avons des revendications précises. C’est encore vrai pour le moratoire sur les licenciements, un vrai contrôle des pouvoirs publics et une obligation légale de
contreparties en cas d’aide publique aux entreprises.
Il y a là une divergence de fond. Conformément aux règles du passé, patronat et gouvernement continuent à affirmer que toute augmentation des salaires serait préjudiciable à l’emploi. On est loin
de l’affirmation selon laquelle la feuille de paye n’est pas l’ennemie de l’emploi.
Mais il y a, qui plus est, une certaine forme d’aveuglement idéologique. Alors que tout le monde sait –en tout cas personne ne peut prouver le contraire– que le plan de relance sur
l’investissement n’aura pas les résultats escomptés, gouvernement et patronat se refusent à tout essayer, y compris en doublant ce plan d’un plan de relance de la consommation.
Ce n’est pas uniquement de la communication. Ce n’est pas uniquement une question de justice sociale, c’est aussi une question économique: il faut, par la consommation, regonfler les carnets de
commandes.
Dans ces conditions, le débat sur la répartition des richesses apparaît pour ce qu’il est, un exercice de communication.
On va demander au directeur de l’INSEE de rendre une étude sous deux mois, puis ensuite d’entamer une discussion-négociation sur le plan interprofessionnel. Autrement dit, on est sûr qu’il ne se
passera rien pendant quelques mois.
Autre aspect de la communication: le président de la République veut montrer, sans conséquence pratique, qu’il aurait une divergence avec le MEDEF.
Si la volonté était réelle, rien n’empêcherait les pouvoirs publics de considérer qu’il faut plafonner les dividendes et user de l’arme fiscale pour favoriser les salaires au détriment des
dividendes. Et pourquoi, après avoir augmenté le SMIC, ne pas convoquer les commissions paritaires de branche pour revoir les grilles salariales. Plutôt que d’apostropher la présidente du MEDEF,
ce serait une bonne façon de placer le patronat devant ses responsabilités sur les salaires.
Dans ces conditions, il est essentiel que le 19 mars soit aussi réussi, au moins au même niveau, que le 29 janvier. Force Ouvrière s’y emploiera pleinement.
Par ailleurs, le 18 février, Force Ouvrière, la CGT et la CFDT ont imposé à l’ordre du jour un débat sur la situation dans les DOM et plus particulièrement dans les Antilles et en Guadeloupe.
Nous avons exigé des réponses rapides, à hauteur des revendications, et rappelé que cela aurait dû être le cas depuis le 8 février, les syndicats n’étant pas responsables des dysfonctionnements
gouvernementaux.
Au-delà, il est évident que c’est toute la structure économique des DOM qu’il faut revoir. L’existence de monopoles privés hérités du colonialisme n’est pas conforme aux valeurs
républicaines.
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