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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 22:26

Le président de Pôle Emploi, revient sur les chiffres de janvier, 90.200 chômeurs en plus, et sur la fusion de l’ANPE et de l’Unedic.

Lorsque vous voyez ces mauvais chiffres du mois de janvier, vous vous dites que c'est le début d'une longue série?
Dominique-Jean Chertier : Les chiffres sont très mauvais et, malheureusement, ils viennent après plusieurs mois de chiffres qui n'étaient déjà vraiment pas bons. Nous sommes dans une situation qui est pire que celle de 1993, et la tendance ne donne pas le sentiment de vouloir s'inverser dans les prochains mois, comme l'indiquait le secrétaire d'Etat à l'Emploi.

Pensez-vous que l'on va rester dans cette même «épure»? Faut-il s'attendre à de plus mauvais chiffres? Il faut rappeler que ces chiffres ne prennent pas en compte les plans sociaux ni le chômage partiel. Il faut relativiser, les plans sociaux, c'est 10% du chômage. On le voit beaucoup plus que le licenciement individuel, mais pour autant la situation est vraiment mauvaise.

Ça veut dire que le mois de février sera pareil, si ce n'est pire? Je n'ai pas d'éléments mais, de façon totalement imprécise, je pense pouvoir dire que la tendance sera prolongée en février et sans doute en mars en mars.

Va-t-on franchir la barre des 3 millions de chômeurs? Je ne me risquerais pas à des pronostics. Plusieurs économistes de talent ont donné des chiffres, mais si c'est pour être démentis le lendemain, je ne m'y risquerais pas, je suis beaucoup plus concret, j'essaie de voir comment on peut réagir à une situation qui est très difficile.

Le Pôle Emploi, issu de la fusion de l’ANPE et de l’Unedic, qui vient tout juste de se mettre en place. Est-ce, que finalement, ce n'est pas à contretemps? Est-ce que vous avez les moyens de faire face à cet afflux de chômeurs? Il est toujours possible de se dire qu'il aurait fallu la faire avant ou après. Je considère que notre rôle, c'est de faciliter les démarches des demandeurs et de faciliter leur retour à l'emploi. Plus que jamais, cette fusion et ce regroupement des tâches sont indispensables.
Dans le passé, quand il y avait deux organismes distincts et qu'il y avait des crues, la situation était aussi difficile. Avant, elle l'était pour les deux établissements, là elle l'est pour un seul, et le problème revient au même. Il ne faut pas oublier que c'est d'abord difficile pour les demandeurs d'emploi.
Pensez-vous que, face à cet afflux, il faudrait avoir plus de personnes disponibles au Pôle Emploi pour répondre aux demandes des chômeurs? Il y a effectivement un afflux de nouveaux demandeurs d'emploi, et donc une charge de travail beaucoup plus forte que dans les mois passés. Au niveau du conseil d'administration, et en relation avec la direction générale de Pôle Emploi, nous nous penchons sur cette question.
S'il le faut, des moyens supplémentaires seront mis en place, mais c'est difficile parce que ce sont des métiers très pointus, on ne s'improvise pas technicien de l'indemnisation ou technicien de la recherche d'emploi. Ça suppose donc des formations, une connaissance du métier. On ne peut pas remettre de la charge de travail du jour au lendemain.

Il y a déjà 68.000 dossiers en retard selon la CGT, avec cet afflux de chômeurs, avez-vous les vraiment les moyens de répondre? Allez-vous parer au plus pressé? Le moyen de répondre c'est l'inscription, et après il faut aider à la recherche d'emploi... Tout à fait, il faut trouver un équilibre entre les deux. Il ne s'agit pas de répondre à l'urgence pour sacrifier le futur. Ce sont des questions sur lesquelles nous travaillons. Ce que j'observe, c'est que les agents, même s'ils ont une charge de travail absolument considérable, font face.
Je voudrais souligner l'énorme quantité de travail qui a été conduite par la direction (Christian Charpy) et par toutes les équipes de Pôle Emploi. Ce ne sont pas toujours des situations faciles et, effectivement, les demandeurs ont Pôle Emploi pour interlocuteur, cet interlocuteur, pour l'instant, fait face.
Dans le Pôle Emploi, ce qui était aussi important, c'était des objectifs recherchés avec la fusion de l’Unedic et de l'ANPE, c'est la recherche d'emploi? Tout à fait.

C'est la difficulté... Effectivement, on est face à une situation où il y a moins d'emplois. Cela étant, je pense qu'il faut éviter de sombrer dans une trop forte sinistrose face à une situation qui est très compliquée et difficile. Il n'y a jamais eu autant de démarches positives de la part des demandeurs d'emploi sur la création d'entreprises, par exemple. Ce sont des éléments forts.

Vous êtes équipé pour donner les explications sur la création d'entreprises, sur le statut d'auto-entrepreneur? L'intérêt d'avoir un lieu unique et des interlocuteurs uniques pour renseigner les demandeurs d'emploi, c'est de leur éviter d'aller courir à un endroit, puis à un autre, puis à un troisième, pour demander de l'information et la recueillir.

Ne faudrait-il pas un dispositif d'urgence pour le Pôle Emploi? Il faut, en tout, cas vérifier que tous les moyens sont bien en place, et c'est la tâche du conseil d'administration, avec la direction générale.

Et c'est ce que vous allez demander en tant que président du Pôle Emploi? Tout à fait.


Par BFM 27/02/09 - Publié dans : LE CHOMAGE
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