Partager l'article ! Chômage: 90 200 chômeurs de plus en janvier, du jamais vu: le gouvernement estime avoir anticipé, pas assez selon certains Face à ...
FORCE-OUVRIERE
Pôle
Emploi
POITOU CHARENTES
Face à une flambée du chômage qui ne fait que commencer, le gouvernement estime avoir anticipé avec ses mesures d'urgence et ses réformes, mais les syndicats et l'opposition, comme des économistes, estiment que ces dernières, décidées avant la crise, sont "à contretemps".
Interrogée sur d'éventuelles mesures supplémentaires après la hausse sans précédent du nombre de chômeurs en janvier (+90.200), la ministre de l'Economie Christine Lagarde a répondu qu'elles avaient déjà été annoncées lors du sommet social du 18 février.
Le gouvernement mise notamment sur le développement du chômage partiel, les salariés concernés évitant de perdre complètement leur emploi. Il assure aussi que le plan de relance commence à produire ses effets.
L'exonération totale de cotisations patronales pour les embauches dans les entreprises de moins de 10 salariés permet "depuis 15 jours 3.000 embauches par jour", selon le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez.
Matignon n'a toutefois pas exclu de verser plus d'argent public que prévu dans le Fonds d'investissement social annoncé le 18 février.
Concernant le service public de l'emploi, mis à part un hommage appuyé au personnel, aucun moyen supplémentaire n'a été annoncé, alors que la fusion de l'ANPE et des Assedic, effective depuis cette année, doit améliorer le service aux demandeurs d'emploi.
Actuellement, les dossiers s'accumulent, les offres s'effondrent, tandis que la crise change le profil des chômeurs.
"On va voir arriver des gens ayant 15-20 ans d'entreprise, peu de formation, rien à voir avec les précaires gérant une certaine flexibilité", s'inquiète Noël Daucé du syndicat SNU-FSU : "si on ne prend pas le taureau par les cornes, Pôle emploi ne va pas démontrer son utilité sociale, et apparaître décalé".
Au-delà, les mauvais chiffres du chômage ont relancé les critiques contre l'action gouvernementale, "en décalage criant" (CGT), "insuffisante" (FO), qui devrait "revêtir une dimension sociale forte" (CFDT).
La numéro un du PS, Martine Aubry, a "très solennellement" appelé le chef de l'Etat à mesurer la gravité de la crise, et à adopter une relance du pouvoir d'achat des salaires et des retraites, plus efficace à court terme.
"Il ne suffit pas de petites mesures", a-t-elle dit, visant indirectement le versement en avril d'une prime de 500 euros à certains chômeurs non-indemnisés.
A l'inverse, la présidente du Medef Laurence Parisot a reproché au gouvernement de ne pas travailler assez "en amont" et réclamé encore davantage de suppressions de taxes pour les entreprises, "en train de mourir les unes après les autres".
Les syndicats, qui ont prévu une nouvelle journée de mobilisation le 19 mars, sont au contraire convaincus que l'augmentation brutale du chômage tient à la multiplication des contrats précaires.
La crise révèle aussi, selon eux, les limites d'un modèle poussant les ménages à s'endetter en raison de salaires insuffisants, ou à "travailler plus pour gagner plus" en exonérant les heures supplémentaires.
Pour Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "beaucoup de mesures sont à contretemps car décidées pendant la présidentielle quand le chômage baissait".
"Augmenter le temps de travail, quand le chômage menace d'atteindre 10% c'est contre-indiqué", dit-il et "penser qu'en renforçant le
contrôle des chômeurs, on arrivera à limiter la hausse du chômage, c'est se tromper : il n'y a pas assez d'offres d'emploi".
Raz-de-marée sans précédent à Pôle emploi
: +90.200 chômeurs en ...| Février 2012 | ||||||||||
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