Lundi 19 janvier 2009
1
19
/01
/Jan
/2009
13:17
«Nos services sont actuellement indisponibles du fait d'une forte sollicitation. Nous vous demandons de bien vouloir nous en excuser. Nous vous conseillons de vous
connecter ultérieurement, de préférence avant 9h, entre 12h et 14h ou après 17h.»
ça démarre bien! A la question «Vous inscrire ou vous réinscrire comme demandeur d'emploi», le site internet unique du tout nouveau Pôle emploi, ouvert depuis la semaine dernière, déclare
régulièrement forfait, étouffé par la demande. De quoi faire sourire si la question n'était pas aussi sérieuse.
«La fusion de l'ANPE et des Assedic me semble une bonne chose mais au quotidien c'est vraiment le grand bazar.» Christine (1), qui réside au sud d'Angoulême, demande un emploi depuis novembre 2006
à la suite d'un licenciement économique. Inscrite à l'ANPE et aux Assedic, l'ancienne assistante de direction a recherché tout de suite du travail. Tout en percevant ses allocations. «Tout va bien
tant qu'on ne travaille pas. Dès qu'on trouve un travail, qu'on déclare le nombre d'heures travaillées aux Assedic, ça merde. Et ça devient vite ingérable.» Exemple: Christine a travaillé en
intérim 30 heures en novembre puis à nouveau 70 heures en décembre. Consciencieusement, elle remplit son dossier via le site internet des Assedic. Mais se heurte vite à des situations ubuesques:
«On me demande de dire au 30 du mois combien j'ai touché alors qu'en intérim on ne perçoit son salaire que le 10 du mois suivant. Idem pour la photocopie de la feuille de salaire. Le problème,
c'est que si on ne fournit pas tout ça, on ne perçoit pas le complément auquel on a droit.»
«Tout le système à revoir»
Pire encore, Christine a reçu un mail sur lequel on peut lire: «Nous avons constaté que nous vous avions versé des sommes supérieures au montant de vos droits. Ces sommes doivent nous être
remboursées selon les modalités détaillées dans notre courrier.» «Le problème, s'insurge Christine, c'est que je n'ai reçu aucun courrier et que la somme due n'est inscrite nulle part sur le site
internet.»
Alors en début de semaine Christine s'est rendue aux Assedic de La Couronne pour tenter d'y voir plus clair: «Je suis tombée sur le seul agent en poste - il y avait une file d'attente incroyable -
qui en avait visiblement ras le bol de se faire engueuler, qui était très énervé et qui, au final, a été incapable de me fournir la moindre explication, la moindre information sur mon dossier. Je
ne lui en veux pas mais tout le système est à revoir. Et je ne vous dis pas l'ambiance dans l'agence... C'était dramatique avec des gens qui n'avaient plus un sou pour manger et qui étaient
confrontés à un pauvre gars pas formé pour ça.»
«Moi, je suis inscrite à l'ANPE et aux Assedic depuis sept ans et depuis sept ans c'est comme ça», décrit Jocelyne (1), une femme seule qui réside à Angoulême. «Je me suis toujours débrouillée pour
trouver du boulot. L'ANPE ne m'a jamais fourni une seule piste, une seule adresse. En sept ans, je crois que j'ai fait toutes les usines d'Angoulême, les maisons de retraite, de la restauration, de
la photographie... Et à chaque fin de contrat, ça a été le bordel: dès qu'on bosse, ils sont perdus.» Jocelyne vient de décrocher un CDD dans le service d'aide à la personne mais à temps partiel.
«Je suis contente mais le bazar va continuer car tous les mois il va me falloir justifier ceci, cela, puisque les Assedic, pardon, le Pôle emploi doit compléter mon salaire.»
(1) Les prénoms ont été changés
à la demande des deux témoins
en recherche d'emploi.
Par LA CHARENTE LIBRE
-
Publié dans : LA PRESSE REGIONALE
DERNIERS COMMENTAIRES