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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 21:33

Flexibilisation généralisée, pression contre les salariés et les chômeurs, les choix gouvernementaux en matière d’emploi vont aggraver toutes les difficultés du monde du travail.

 

Chômage en hausse La courbe du chômage est durablement inversée. Après plusieurs années de recul, au prix notamment d’une précarité accrue des salariés, les statistiques s’alignent à la hausse. Et, on sait que les statistiques ne disent pas tout du « sous emploi ». C’est d’autant plus grave que les statistiques du chômage bénéficient d’une situation démographique favorable. Ce sont aujourd’hui les classes d’âge nombreuses du « papy boum » qui partent en retraite. Si en 2000, il fallait 250.000 créations d’emploi nettes par an pour que le chômage recule, aujourd’hui 50.000 suffiraient compte tenu du nombre d’emplois libérés par le nombre de départs en retraite. Le plus grand plan de suppressions d’emplois reste souterrain et largement silencieux : ce sont les départs en retraite non remplacés.

L’Unedic prévoit une remontée du chômage en 2008 et 2009, aggravée par la récession, reconnue maintenant à l’échelle de l’Union Européenne. Au-delà des simples phénomènes spéculatifs, la crise économique et systémique actuelle du capitalisme est nourrie par deux phénomènes. Une pression constante contre les revenus du travail au bénéfice des profits, en témoigne un partage dégradé de la valeur ajoutée au détriment du travail : la part des salaires dans la richesse créée a reculé de 63% en 1981 à 57% aujourd’hui. Un type de croissance, de productivité, de développement qui privilégie l’accumulation de moyens matériels contre les dépenses utiles en matière de formation, de qualification, et de satisfaction des besoins sociaux. S’attaquer réellement aux causes de la crise demande donc de modifier la répartition des richesses, mais surtout d’amorcer une nouvelle démarche de développement

Exploitation renforcée

Les mesures gouvernementales illustrent jusqu’à la caricature que « pendant la crise, la casse sociale continue ». Gouvernement et patronat cherchent à prendre appui sur la crise pour déstructurer plus les droits du monde du travail.

L’été avait été marqué par une nouvelle remise en cause des 35 heures, notamment pour les cadres, avec l’alourdissement des forfaits jours. « Travailler plus pour gagner plus » se concrétisait par une pression pour des heures supplémentaires.

L’automne voit s’accentuer une pression pour travailler plus longtemps. Après les 41 annuités pour une retraite à taux plein, voici la « liberté » de travailler jusqu’à 70 ans. Si des cas particuliers d’artistes, de ténors du barreau ou professeurs d’Université, ou des artisans créateurs, peuvent souhaiter prolonger une activité de travail, pour l’essentiel des salariés c’est l’usure et le stress qui prédominent. En fait cette offensive correspond entièrement avec la chute du « taux de remplacement » des revenus au moment du calcul des pensions. Le pouvoir anticipe sur une situation qu’il crée par les réformes de 1993 et de 2003, obligeant à prolonger son activité ou à cumuler une retraite faible et un emploi partiel.

Autre avatar de cette offensive, celle pour le « travail du dimanche », là encore toujours au nom de la « liberté de gagner plus ». Chacun sait comment, dans le rapport inégal de subordination du salarié à l’employeur, de telles contraintes sont difficiles à refuser.

Chômeurs sous contrôle

Sous couvert d’un meilleur traitement de la situation des demandeurs d’emploi, au travers de la fusion ANPE-UNEDIC, c’est surtout la mise sous tutelle étatique de l’Unedic qui se renforce, avec une pression à la baisse des cotisations patronales, et l’entrée en vigueur du décret permettant de radier les demandeurs d’emploi qui auront refusé deux « offres raisonnables d’emploi ». La négociation pour le renouvellement de la convention s’engage donc sous de mauvais auspices. Or ce régime, avec celui de l’allocation de solidarité pour les « fins de droits » n’indemnise pourtant que 56% des femmes (62,5% des hommes) demandeurs d’emploi, et 42% des jeunes en situation de chômage. Il faut en effet six mois minimum d’activité pour être indemnisé.

Les annonces de Sarkozy

Dans son discours de Rethel, le Président de la République aura été chiche en annonces : 100.000 contrats aidés en plus, (ils avaient été imprudemment supprimés auparavant) et l’extension à de nouvelles zones géographiques du « contrat de transition professionnelle ». Si celui-ci présente de meilleures garanties pour le salarié victime de licenciement économique, la question de la création d’emploi demeure entière. Il risque donc de changer seulement l’ordre de priorité dans les files d’attente aux portes de l’emploi, sans apporter de solution durable au sous emploi. C’est donc un détournement de la notion de « sécurité sociale professionnelle », mise en avant par la CGT pour permettre la promotion de l’emploi en lien avec des droits nouveaux pour les salariés et une autre utilisation de l’argent.

Le pouvoir maintenant par ailleurs ses incitations à la flexibilité, les exonérations de charges (30 milliards d’euros) et les 30.000 suppressions de postes dans la fonction publique.

La revalorisation du travail et la promotion de la formation et de l’emploi sont pourtant les principales pistes anticrise à explorer face à la récession. Aux salariés de s’en mêler, tant par l’action collective que par leur vote lors des élections prud’hommales.

 

Un logo très cher .
La création du nouveau logo Unedic/ANPE a coûté 135000 euros tandis que le renouvellement de tous les frais bureautiques par agence causée par cette fusion (en-tête, visuels…) est estimé entre 5 000 et 12 000 euros par agences.

Par FO Assédic Anpe - Publié dans : LA PRESSE NATIONALE
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